Rats, frelons asiatiques, punaises de lit : quels nuisibles menacent les logements savoyards ?

En Savoie, la question des nuisibles dans l’habitat dépasse largement le simple désagrément. Entre des hivers rigoureux qui poussent les rongeurs à s’introduire dans les bâtiments et une progression spectaculaire du frelon asiatique, les propriétaires et locataires font face à des risques sanitaires et matériels concrets. La réglementation s’est également durcie depuis 2024, ce qui change les règles du jeu pour tout le monde.

Des espèces en progression, un contexte alpin particulier

Le rat surmulot, la souris grise et le campagnol sont les rongeurs les plus fréquemment traités dans le département. Dès l’automne, les bâtiments non chauffés ou inoccupés, comme les résidences secondaires de montagne, deviennent des cibles de choix : caves, greniers et combles offrent tout ce dont ces animaux ont besoin pour passer l’hiver. Les hivers alpins, paradoxalement, aggravent le phénomène en concentrant les intrusions sur une période courte.

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Le frelon asiatique représente une autre menace en forte croissance. Signalé pour la première fois en Savoie en 2018, le nombre de nids recensés est passé de 78 en 2021 à 597 en 2023, puis à 1 963 en 2024 selon les données de Grand Chambéry. Un signalement sur la plateforme nationale frelonsasiatiques.fr est obligatoire dès qu’un nid est repéré. Face à cette situation, l’agence Univers Nuisibles de Savoie, certifiée Certibiocide et agréée par le Ministère de l’Agriculture, intervient sur l’ensemble du département, des zones urbaines aux vallées alpines.

Punaises de lit et rongeurs résistants : les signaux d’alarme de 2025

Les punaises de lit ont connu une recrudescence estivale marquée : le Syndicat des experts en détection canine (SEDCPL) rapporte une hausse de 50 % des cas en juin 2025 par rapport à juin 2024. La chaleur joue un rôle direct dans ce phénomène. À 28 °C, une punaise peut boucler son cycle de l’œuf à l’adulte en trois semaines seulement, contre plusieurs mois en hiver. Plus on tarde à intervenir, plus l’infestation s’étend.

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Du côté des rongeurs, la résistance aux anticoagulants progresse dans plusieurs grandes agglomérations françaises. Ce phénomène génétique rend certains traitements classiques moins efficaces, et justifie le recours à des professionnels capables d’adapter leurs protocoles en fonction des espèces présentes et de leur historique d’exposition aux produits.

Ce que la réglementation impose désormais aux particuliers comme aux pros

Depuis janvier 2024, la certification Certibiocide a été restructurée en trois spécialisations distinctes, dont une dédiée aux nuisibles. Ce certificat nominatif, valable cinq ans, conditionne l’accès aux produits professionnels. Sans numéro valide, impossible d’acheter les matières actives utilisées dans les traitements sérieux. Pour le particulier, cela se traduit concrètement : exiger le numéro Certibiocide de l’opérateur avant toute intervention est une précaution de bon sens.

Par ailleurs, l’appâtage permanent aux anticoagulants est désormais interdit, en raison des risques d’intoxication accidentelle et de la résistance qu’il favorise chez les rongeurs. La loi impose aussi aux propriétaires et locataires de traiter les infestations présentant un risque sanitaire : l’inaction n’est donc pas une option légale.

Prévention, détection précoce et intervention par un opérateur certifié restent les trois piliers d’une gestion efficace des nuisibles. En Savoie, le contexte alpin et la densité croissante de certaines espèces rendent cette vigilance d’autant plus nécessaire.

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